Toyota Hilux
Après 48 ans et 18 millions d'exemplaires vendus depuis le premier Hilux, voici la naissance de la huitième génération de ce modèle. Un moment angoissant pour ses géniteurs, car avec une part de marché de près de 25 % dans le segment du pick-up, la moindre erreur dans sa conception peut être fatale. Trouver un juste milieu doré entre le renouveau nécessaire et la précieuse tradition, c'est un peu comme danser sur une corde mal tendue. Mais après un essai approfondi sur un terrain inhospitalier, nous pouvons vous rassurer: les ingénieurs et concepteurs Toyota ont réussi l'examen. Avec brio.
La Namibie. Réputée pour sa nature sauvage, ses paysages variés et ses pistes à la fois rapides et très difficiles. Bénéficie de la plus haute dune au monde, mais est affligée de l'habitude empruntée aux Anglais de rouler à gauche ainsi que d'un art culinaire basique et des noms de régions hérités des colonisateurs allemands. Mais quand même: si, dès le premier jour, on vous laisse rouler en quad pendant plusieurs heures en liberté dans les dunes, l'enfant qui est en vous reprend le dessus sur l'adulte. Il vaut mieux ne pas enfourcher tout de suite le quad le plus puissant, mais un léger avec transmission automatique pour des raisons évidentes de sécurité. Je suis peut-être arrivé quelques mètres moins haut sur la dune que ceux qui domptaient des machines plus puissantes, mais juste assez haut pour pouvoir faire demi-tour juste avant de basculer sur la crête et redescendre la dune à toute vitesse... et pour rentrer à l'hôtel en un seul morceau afin d'assister à la conférence de presse.
Ce Hilux est présenté comme "entièrement nouveau". Il semble effectivement n'avoir repris que peu de choses dans la carrosserie de son prédécesseur, le châssis en échelle est d'une conception nouvelle et encore nettement plus rigide et costaud que celui de la génération précédente, à l'arrière il repose toujours sur un essieu rigide avec des ressorts à lames comme il est de tradition pour un pick-up mais l'amortissement est très progressif, ce qui rend le confort très convenable même quand il n'est pas chargé (ce qu'on ne peut pas dire de tous les pick-up, même les rares modèles qui reposent sur des amortisseurs hélicoïdaux à l'arrière pour des raisons de confort).
Probablement sous la pression de la concurrence croissante, le caractère spartiate de l'intérieur aussi a été gommé. La conception et la finition à la 'Landcruiser' sont d'un niveau de qualité élevé, le confort des sièges - tant avec revêtement en cuir qu'en tissu – repousse la fatigue même après de longs parcours sur des terrains inconfortables, et les passagers à l'arrière dans les versions Double Cab disposent de suffisamment d'espace pour les jambes. La banquette arrière offre moins de confort que les sièges avant en raison de son dossier droit (comme dans tout pick-up), mais le compromis est bon.
Une autre nouveauté est le moteur diesel quatre cylindres de 2,4 litres, dérivé du D-4D de 2,8 litres du Landcruiser qui est neuf également. Je me demande d'ailleurs pourquoi ce moteur plus petit a été créé pour le pick-up, car sur le plan fiscal la cylindrée d'un "utilitaire léger" a peu d'importance, ce type de véhicule étant taxé à peu près partout en fonction de son poids et de sa capacité de chargement. Mais quoi qu'il en soit, sa puissance de 150 ch et surtout son couple majestueux de 400 Nm sont surprenants, tant en combinaison avec la boîte manuelle qu'avec la boîte automatique à six rapports.
Le désert (de sable) namibien est un immense terrain de jeu pour les amateurs de 4x4. Escalader et descendre des dunes, ce sont des exercices que le Hilux effectue sans problème, même avec les pneus de route d'origine qui équipaient notre véhicule d'essai (soit dit en passant: dans un désert de sable, des pneus de route normaux sont la meilleure alternative à des pneus spécifiques pour le sable, qu'on ne peut d'ailleurs pas acheter à tous les coins de rues). Il faut juste penser à maintenir le véhicule en mouvement jusqu'à avoir dépassé le point le plus haut du trajet, une règle de base que nombre de nos collègues (étrangers) ont perdu de vue, si bien que leur Hilux se plantait en un clin d’œil dans le sable jusqu'aux essieux...
Sur les pistes rocailleuses, ce n'est pas tellement la bande de roulement mais surtout les flancs de pneus qui se sont révélés vulnérables, mais nous remercions les équipes d'intervention efficaces qui sont parvenues à réparer la plupart des fuites en un tournemain virtuel. En attendant de pouvoir les réparer plus sérieusement dans un endroit moins inhospitalier. - LDR